La théorie polyvagale : comprendre le système nerveux face au stress et au traumatisme
- Elisabeth ORFILA
- il y a 9 heures
- 3 min de lecture
Lorsque nous traversons un événement difficile, il nous arrive parfois de réagir d'une manière que nous ne comprenons pas nous-mêmes. Certaines personnes se mettent en colère, d'autres fuient, tandis que certaines se sentent complètement figées, incapables de parler ou d'agir.
La théorie polyvagale, développée par le neuroscientifique Stephen Porges, apporte un éclairage précieux sur ces réactions. Elle permet de mieux comprendre le fonctionnement de notre système nerveux autonome et la manière dont celui-ci influence nos émotions, nos comportements et notre sentiment de sécurité.
Qu'est-ce que la théorie polyvagale ?
La théorie polyvagale explique que notre système nerveux est en permanence à la recherche d'indices de sécurité ou de danger, souvent sans que nous en ayons conscience.
Contrairement à l'idée selon laquelle nous choisissons volontairement nos réactions face au stress, cette théorie montre que notre organisme répond avant tout de façon automatique afin d'assurer notre survie.
Selon le contexte perçu, notre système nerveux peut adopter trois grands états.
1. L'état de sécurité : lorsque nous nous sentons en confiance
Lorsque notre cerveau perçoit que l'environnement est sécurisant, le système nerveux favorise la connexion sociale.
Dans cet état, il devient plus facile de :
communiquer sereinement ;
réfléchir avec clarté ;
ressentir de la curiosité ;
créer du lien avec les autres ;
réguler ses émotions.
C'est dans cet état que notre organisme fonctionne de la manière la plus équilibrée.
2. L'état de mobilisation : lutter ou fuir
Face à une menace, le système nerveux active une réponse de survie.
Le corps se prépare alors à agir :
accélération du rythme cardiaque ;
respiration plus rapide ;
tensions musculaires ;
vigilance accrue.
Psychologiquement, cela peut se traduire par :
de l'anxiété ;
de l'irritabilité ;
une sensation d'urgence permanente ;
des difficultés à se détendre.
Cette réaction est parfaitement normale lorsqu'un danger est réel. Elle peut toutefois devenir envahissante lorsque le système nerveux reste bloqué dans cet état après un traumatisme ou un stress chronique.
3. L'état d'immobilisation : le figement
Lorsque le cerveau estime qu'il n'existe ni possibilité de fuir ni de combattre, un troisième mécanisme de protection peut apparaître : le figement.
Cette réponse est souvent mal comprise.
Elle peut se manifester par :
une sensation d'être paralysé ;
un vide émotionnel ;
une impression d'être déconnecté de soi-même ;
une grande fatigue ;
des difficultés à penser ou à ressentir.
Chez les personnes ayant vécu des traumatismes psychiques, ce fonctionnement est fréquent. Il ne s'agit pas d'un manque de volonté, mais d'une stratégie automatique de protection mise en place par le système nerveux.
Pourquoi cette théorie est-elle particulièrement utile dans le psychotraumatisme ?
Les personnes ayant vécu des violences, des accidents, un harcèlement, des agressions, des deuils complexes ou des événements profondément insécurisants restent parfois en état d'alerte longtemps après la disparition du danger.
Elles peuvent alors ressentir :
une hypervigilance constante ;
des réactions émotionnelles très intenses ;
des difficultés à retrouver un sentiment de sécurité ;
une tendance à éviter certaines situations ;
des épisodes de dissociation ou de figement.
Comprendre la théorie polyvagale permet souvent de remplacer la culpabilité par une meilleure compréhension de son propre fonctionnement.
Il devient alors possible de se dire :
"Mon système nerveux cherche simplement à me protéger."
Peut-on retrouver un état de sécurité ?
Oui.
Le cerveau et le système nerveux possèdent une importante capacité d'adaptation, appelée neuroplasticité.
Un accompagnement psychologique peut aider à retrouver progressivement un sentiment de sécurité intérieure grâce notamment :
à la psychoéducation ;
au travail sur les traumatismes ;
à la régulation émotionnelle ;
aux exercices de respiration ;
aux techniques de pleine conscience ;
aux approches psychocorporelles lorsque cela est indiqué.
L'objectif n'est pas d'empêcher les réactions automatiques de survie, mais d'aider le système nerveux à retrouver davantage de souplesse et à sortir plus facilement des états d'alerte.
En consultation
Dans ma pratique de psychologue, j'intègre ces connaissances lorsque cela est pertinent afin d'aider chaque personne à mieux comprendre son fonctionnement et à retrouver progressivement un sentiment de sécurité.
Comprendre les réactions de son système nerveux permet souvent de porter un regard plus bienveillant sur soi-même. Les réactions de lutte, de fuite ou de figement ne sont pas des faiblesses : elles constituent avant tout des mécanismes de protection que notre organisme met en œuvre pour assurer notre survie.
Le travail thérapeutique consiste progressivement à redonner au système nerveux la possibilité de percevoir à nouveau la sécurité, afin que la personne puisse retrouver davantage de liberté dans ses émotions, ses relations et son quotidien.
Besoin d'un accompagnement ?
Si vous ressentez un stress important, des difficultés émotionnelles persistantes ou si vous avez vécu un traumatisme, un accompagnement psychologique peut vous aider à mieux comprendre votre fonctionnement et à retrouver un équilibre durable.
Je vous accueille à Clermont-Ferrand dans un cadre bienveillant et confidentiel afin de construire ensemble un accompagnement adapté à votre histoire et à vos besoins.




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